« De Morges à Sarko | Page d'accueil | Houellebecq perdu et retrouvé »

13/09/2011

Dante, Verdi, Fellini... Et Berlusconi

 

Les Italiens sont décevants. Sans eux, on n’aurait connu ni Dante, ni Machiavel, ni Michel-Ange, ni Le Caravage, ni Leopardi, ni Verdi, ni Pavese, ni Pasolini, ni Fellini, ni les tagliatelles à la truffe blanche… Mais on n’aurait pas connu non plus Silvio Berlusconi.

 

50274_35414189066_5841810_n.jpg«Comment avez-vous pu, vous les Italiens?…» Ecrivain et chroniqueur à La Repubblica, Corrado Augias est poursuivi par cette question stupéfaite que lui adressent ses amis français, mais qu’on pourrait aussi lui poser: oui, comment un peuple chargé d’une telle culture a-t-il pu confier son destin à l’inventeur du «bunga-bunga»?

 

Corrado Augias a écrit un livre pour répondre: L’Italie expliquée aux Français. La faute à l’histoire, selon lui. Et même à la géographie: dans ce pays étiré sur 1200 km et traversé par les Apennins, il a été longtemps aussi difficile de communiquer entre le Nord et le Sud qu’entre l’Est et l’Ouest. D’où la difficulté à faire émerger un Etat. Si l’Italie se détache clairement sur les cartes, elle traîne en revanche une vieille incapacité à s’unir à l’intérieur.

 

De la «surestimation des liens familiaux», qui aurait entravé la recherche de formes associatives plus larges, au rôle joué par les papes de Rome, tous les arguments de Corrado Augias vont dans ce sens: héritière d’une longue histoire de désunion, l’Italie souffrirait d’une difficulté à s’éprouver comme nation. Et Berlusconi ne serait que le dernier symptôme en date de cet «excédent de passé».

 

Mais on peut tout aussi bien penser l’inverse. Dans le domaine politique, l’Italie est plutôt en avance depuis un siècle. Elle a inventé le fascisme avant tout le monde. Elle a aussi réalisé la première mue d’un parti communiste en parti social-démocrate. Et le roi du «bunga-bunga», même en bout de course, porte sans doute moins le poids du passé qu’il n’annonce le populisme d’avenir.


 

41I2I4erJeL._SS500_.jpgL'Italie expliquée aux Français

Corrado Augias

Traduit de l'italien par Anaïs Bokobza. Seuil, 120 p.

 

 

Commentaires

Ces propos venant d'un présentateur de la Rai et d'un chroniqueur de la Repubblica font juste rigoler. Et quant à trouver des qualités à Pasolini,c'est bien son genre.
L'Italie expliquée aux français, aucune leçon à recevoir d'eux, entre un DeGaulle qui va se planquer chez les anglais, qui revient faire son paon avant de s'en prendre à l'Algérie, un Mitterand avec sa fille à gauche, son passé collabo, son laxisme calculé au Rwanda, et le grand Chirac qui possède plus de casseroles qu'une quinccallerie et qui de plus ne se présente pas à ces procès, et le dernier s'en va en guerre, nouveau Napoléon de pacotille, franchement beau parleur Augias, présente toi aux élections,si t'as les couilles

Écrit par : Pinocchio | 13/09/2011

J'admire Corrado Augias. Je vis en Italie, et la situation actuelle est encore pire que dans nos cauchemars! Corrado Augias a beau travailler à la Rai (de toute façon la télé publique en Italie est toute dans les mains de berlusconi!) ça ne l'empeche pas de critiquer notre (leurs) gouvernement! Surement la France n'est pas mieux placée, mais je peux vous assurer que meme après l'ère Berlusconi (peut-etre meme pire que le fascisme de Mussolini, nous aurons besoins d'encore plus de sacrifices pour remonter la pente où nous à lancé notre "cher" président!
C'est vraiment humiliant de devoir entendre tous les jours les aneries qu'est capable de dire ce nain hystérique!

Écrit par : Fede | 16/09/2011

Mais comment ces Italiens et ces Français vont-ils nous faire croire qu'ils insurgent contre quelque chose qu’ils ont choisi ? Ce n'est pas la faute à l'histoire, ni aux valeurs familiales, ni au fait de ne pas savoir s'associer. Les fondements de la démocratie grecque le disent : tous égaux et libres en pensée, en parole, en justice et en enseignement, à l'exception des étrangers, des barbares, des femmes, des esclaves, des enfants et des animaux. Alors bien sûr, lorsqu'on veut une oligarchie travestit en système populiste ou socio-démocrate, il ne fait pas beau injurier ces oligarques, qui veulent tous simplement être égos ! Laissez-les être égos, mais enfin que voulez-vous ?

Pas très convaincants ces éminents spécialistes du langage et de la politique... C'est "idios", mais il ne faut pas traduire et s'interdire la lecture.

Écrit par : Véronique | 19/09/2011

Les commentaires sont fermés.